23.11.2009

Nostalgie

Non, ils ne sont pas morts, Néaere, les anciens dieux.
Chaque fois que la joie humaine
      Renaît, ils se retournent
      Vers notre nostalgie.

Ricardo Reis, Odes retrouvées 1914-1934 
(in F. Pessoa, Poèmes païens, éd. Christian Bourgois, coll. Points)

C'était le 23 novembre...

300px-Rustauds.jpg

1525.
En Alsace, entre Steinbrunn et Landser, les derniers paysans révoltés sont arrêtés et pendus. Durant les insurrections du Bundschuh, ou révolte des Rustauds, plus de 120 000 paysans du Saint Empire romain germanique seront morts au combat, parmi lesquels 40 000 Alsaciens.

22.11.2009

Exclusif : New Order, Jetstream Rascal remix

Jetstream.jpg

Cadeau à mes lecteurs assidus, réguliers ou occasionnels : un remix exclusif de Jetstream (New Order), concocté par mes soins.
Ce Jetstream Rascal remix est disponible gratuitement en mp3 dans la rubrique "à télécharger" ci-contre.

Enjoy your flight !

C'était le 22 novembre...

1916.
Jack London.JPGMort à Glen Allen (Californie) de l'écrivain américain John Griffith Chaney, alias Jack London. Ancien chasseur de phoques, chômeur et vagabond, l'auteur de Croc-Blanc et de La Route, qui fut surnommé le "Kipling du Grand Nord", prôna toute sa vie durant un socialisme d'inspiration nietzschéenne, où le prolétariat tenait la place du Surhomme.

21.11.2009

C'était le 21 novembre...

1793.
Robespierre.jpgRobespierre déclare aux Jacobins que "l'athéisme est aristocratique", raison pour laquelle, selon lui, il doit être combattu.

 

 

 

 


1831.
Sur les hauteurs de Lyon, à la Croix-Rousse, des tisserands dressent les premières barricades de la révolte des Canuts.
Voir aussi l'éphéméride du 3 décembre.

20.11.2009

C'était le 20 novembre...

1935.
Van Roey.jpgPar décret épiscopal, le cardinal van Roey, archevêque de Malines, interdit aux prêtres catholiques de participer aux activités du mouvement rexiste.

19.11.2009

C'était le 19 novembre...

1381.

Les très riches heures du duc de Berry.jpg

L'annonce de la nomination du duc Jean Ier de Berry (assis en bas à droite, sur l'enluminure extraite des Très riches Heures) comme lieutenant général du roi fou Charles VI en Languedoc attise dans cette province la révolte des Tuchins, qui a commencé dès septembre contre la pression fiscale. Cette insurrection durera trois ans, pour toucher ensuite l'Auvergne de 1384 à 1389.

18.11.2009

C'était le 18 novembre...

1522.
Egmont.jpgNaissance à La Hamaide (Hainaut, Belgique), dans une vieille famille de l'aristocratie néerlandaise, de Lamoral, comte d'Egmont. Conseiller d'Etat de Flandre et d'Artois à partir de 1559, il s'opposa à l'Inquisition et à la domination espagnole aux Pays-Bas. Arrêté sur ordre du duc d'Albe, il fut condamné à la décapitation et exécuté à Bruxelles le 5 juin 1568. Son sort inspira à Goethe sa tragédie Egmont (1788), mise en musique par Beethoven (opus 84, 1810).

17.11.2009

C'était le 17 novembre...

1941.
staline.jpgA Moscou, Staline ordonne par décret que « tous les lieux d’habitation où se trouvent des troupes allemandes soient incendiés et détruits, et cela jusqu’à 60 km de la ligne de front principale ». Le texte précise que les incendies devront être allumés par des membres des commandos de chasse soviétiques « habillés d’uniformes de la Wehrmacht et de la Waffen-SS prélevés sur des stocks pris à l’ennemi » et que « le bruit doit être répandu dans la population que les Allemands ont incendié ces villages et lieux d’habitation pour punir les partisans ».

16.11.2009

C'était le 16 novembre...

1867
Léon Daudet.jpgNaissance à Paris de l'écrivain et pamphlétaire royaliste Léon Daudet.

15.11.2009

Humilité

Dépossession.jpg
Dépossession - Modelage et photo : Violette Prems

Oui, tout ce que tu fais, fais-le suprêment.
Il vaut mieux, si la mémoire est notre seul bien,
      Se souvenir beaucoup que peu.
Dès lors si le beaucoup dans le peu t'est possible,
Une plus ample liberté du souvenir
      Te fera seigneur de toi-même.

Ricardo Reis, Odes retrouvées 1914-1934 
(in F. Pessoa, Poèmes païens, éd. Christian Bourgois, coll. Points)

C'était le 15 novembre...

1930.
Naissance à Shanghaï de l'écrivain anglais James Graham Ballard, auteur de La Foire aux atrocités, Crash ! et L'Empire du soleil.


Joy Division - Atrocity exhibition

1976.
Gabin.jpgMort à Neuilly-sur-Seine de l'acteur et chanteur Jean Alexis Montcorgé, dit Jean Gabin.

14.11.2009

Sapience

"Mais laissons l'ignorance aux adorateurs du Dieu unique,
elle leur va si bien."
(Merlin, Soleil éditions, 2009)

http://www.myspace.com/merlin_the_book

http://www.soleilprod.com/public/extraits/MerlinBeauLivre...

Merlin.gif

C'était le 14 novembre...

1832.
Rasmus_Rask.jpgMort à Copenhague du philologue et grammairien danois Rasmus Christian Rask, auteur de travaux importants sur le vieil-islandais et les langues scandinaves. On lui doit aussi la première édition complète des deux Eddas.

13.11.2009

C'était le 13 novembre...

1918.
Proclamation du 10-11-18.jpgA Strasbourg, le drapeau rouge est hissé sur la flèche de la cathédrale, à la suite de la proclamation, le 10 novembre sur la place Kléber (photo), de la République sociale d'Alsace-Lorraine, également appelée République alsacienne des conseils ; celle-ci sera dissoute le 22 novembre, après l'entrée des troupes militaires françaises dans Strasbourg et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par la France. De l'autre côté du Rhin, le pouvoir appartient aux conseils d'ouvriers et de soldats depuis que Guillaume II a renoncé à la couronne impériale.

11.11.2009

C'était le 12 novembre...

1419.
Schliemann.jpgInauguration de l'université allemande de Rostock, l'une des plus anciennes d'Europe, fondée par le pape Martin V. Parmi ses étudiants célèbres, on retiendra Heinrich Schliemann, inventeur en 1870 du site archéologique de Troie, à Hissarlik (en actuelle Turquie).

C'était le 11 novembre...

1957.
Pégase.jpgAu Vatican, le Père Luis Marcos, docteur en théologie à l'Université pontificale grégorienne de Rome, déclare qu'il est "possible que certains voyageurs interplanétaires, s'ils sont en état de grâce, puissent aller au paradis sans passer par la mort".

10.11.2009

Soleil et Chair (Arthur Rimbaud)

I

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l'amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang ;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme,
Et qu'il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte !

- O Vénus, ô Déesse !
Je regrette les temps de l'antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des faunes animaux,
Dieux qui mordaient d'amour l'écorce des rameaux
Et dans les nénuphars baisaient la Nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L'eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d'amour ;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante ;
Où les arbres muets, berçant l'oiseau qui chante,
La terre berçant l'homme, et tout l'Océan bleu
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !

Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu'on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d'airain, les splendides cités ;
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L'Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
- Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux.

Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses,
Et va, les yeux fermés et les oreille closes.
- Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi,
L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi !
Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle,
Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ;
S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté
Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté
Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume,
Montra son nombril rose où vint neiger l'écume,
Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs,
Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs !

II

Je crois en toi ! Je crois en toi ! Divine mère,
Aphrodite marine ! - Oh ! la route est amère
Depuis que l'autre Dieu nous attelle à sa croix ;
Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c'est en toi que je crois !
- Oui, l'Homme est triste et laid, triste sous le ciel vaste.
Il a des vêtements, parce qu'il n'est plus chaste,
Parce qu'il a sali son fier buste de dieu,
Et qu'il a rabougri, comme une idole au feu,
Son corps Olympien aux servitudes sales !
Oui, même après la mort, dans les squelettes pâles
Il veut vivre, insultant la première beauté !
- Et l'Idole où tu mis tant de virginité,
Où tu divinisas notre argile, la Femme,
Afin que l'Homme pût éclairer sa pauvre âme
Et monter lentement, dans un immense amour,
De la prison terrestre à la beauté du jour,
La Femme ne sait plus même être Courtisane !
- C'est une bonne farce ! et le monde ricane
Au nom doux et sacré de la grande Vénus !

III

Si les temps revenaient, les temps qui sont venus !
- Car l'Homme a fini ! l'Homme a joué tous les rôles !
Au grand jour, fatigué de briser des idoles
Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux,
Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux !
L'idéal, la pensée invincible, éternelle,
Tout ; le dieu qui vit, sous son argile charnelle,
Montera, montera, brûlera sous son front !
Et quand tu le verras sonder tout l'horizon,
Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
Tu viendras lui donner la Rédemption sainte !
- Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L'Amour infini dans un infini sourire !
Le Monde vibrera comme une immense lyre
Dans le frémissement d'un immense baiser !

- Le Monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.

______

O ! L'Homme a relevé sa tête libre et fière !
Et le rayon soudain de la beauté première
Fait palpiter le dieu dans l'autel de la chair !
Heureux du bien présent, pâle du mal souffert,
L'Homme veut tout sonder, - et savoir ! La Pensée,
La cavale longtemps, si longtemps oppressée
S'élance de son front ! Elle saura Pourquoi !...
Qu'elle bondisse libre, et l'Homme aura la Foi !
- Pourquoi l'azur muet et l'espace insondable ?
Pourquoi les astres d'or fourmillant comme un sable ?
Si l'on montait toujours, que verrait-on là-haut ?
Un Pasteur mène-t-il cet immense troupeau
De mondes cheminant dans l'horreur de l'espace ?
Et tous ces mondes-là, que l'éther vaste embrasse,
Vibrent-ils aux accents d'une éternelle voix ?
- Et l'Homme, peut-il voir ? peut-il dire : Je crois ?
La voix de la pensée est-elle plus qu'un rêve ?
Si l'homme naît si tôt, si la vie est si brève,
D'où vient-il ? Sombre-t-il dans l'Océan profond
Des Germes, des Foetus, des Embryons, au fond
De l'immense Creuset d'où la Mère-Nature
Le ressuscitera, vivante créature,
Pour aimer dans la rose, et croître dans les blés ?...

Nous ne pouvons savoir ! - Nous sommes accablés
D'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères !
Singes d'hommes tombés de la vulve des mères,
Notre pâle raison nous cache l'infini !
Nous voulons regarder : - le Doute nous punit !
Le doute, morne oiseau, nous frappe de son aile...
- Et l'horizon s'enfuit d'une fuite éternelle !...

______

Le grand ciel est ouvert ! les mystères sont morts
Devant l'Homme, debout, qui croise ses bras forts
Dans l'immense splendeur de la riche nature !
Il chante... et le bois chante, et le fleuve murmure
Un chant plein de bonheur qui monte vers le jour !...
- C'est la Rédemption ! c'est l'amour ! c'est l'amour !...

IV

O splendeur de la chair ! ô splendeur idéale !
O renouveau d'amour, aurore triomphale
Où, courbant à leurs pieds les Dieux et les Héros,
Kallipyge la blanche et le petit Éros
Effleureront, couverts de la neige des roses,
Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses !
- O grande Ariadné, qui jette tes sanglots
Sur la rive, en voyant fuir là-bas sur les flots,
Blanche sous le soleil, la voile de Thésée,
O douce vierge enfant qu'une nuit a brisée,
Tais-toi ! Sur son char d'or brodé de noirs raisins,
Lysios, promené dans les champs Phrygiens
Par les tigres lascifs et les panthères rousses,
Le long des fleuves bleus rougit les sombres mousses.
- Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant
Le corps nu d'Europé, qui jette son bras blanc
Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague.
Il tourne lentement vers elle son oeil vague ;
Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur
Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt
Dans un divin baiser, et le flot qui murmure
De son écume d'or fleurit sa chevelure.
- Entre le laurier-rose et le lotus jaseur
Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur
Embrassant la Léda des blancheurs de son aile ;
- Et tandis que Cypris passe, étrangement belle,
Et, cambrant les rondeurs splendides de ses reins,
Étale fièrement l'or de ses larges seins
Et son ventre neigeux brodé de mousse noire,
- Héraclès, le Dompteur, qui, comme d'une gloire
Fort, ceint son vaste corps de la peau du lion,
S'avance, front terrible et doux, à l'horizon !

Par la lune d'été vaguement éclairée,
Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée
Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus,
Dans la clairière sombre, où la mousse s'étoile,
La Dryade regarde au ciel silencieux...
- La blanche Séléné laisse flotter son voile,
Craintive, sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon...
- La Source pleure au loin dans une longue extase...
C'est la nymphe qui rêve, un coude sur son vase,
Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé.
- Une brise d'amour dans la nuit a passé,
Et, dans les bois sacrés, dans l'horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres Marbres,
Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid,
- Les Dieux écoutent l'homme et le Monde infini !

C'était le 10 novembre...

1891.
230px-Carjat_Arthur_Rimbaud_1872_n2.jpgMort à Marseille du poète symboliste Arthur Rimbaud.

09.11.2009

Berlin

(à Pierre « Structure » Bales)

Un soir étrange tombe sur Berlin
Je vais flânant sous les tilleuls
Place Alexandre c'est un destin
Qui sort des brumes, gluant linceul

Hommes et femmes en long cortège
De Mercedes et de Trabant
Drapeaux noirs, rouges ou blancs comme neige
Dessus le mur grimpent en chantant

Il vibre, vacille et puis s'effondre
Espoir, mémoire, ne point confondre
La Spree charrie tant de chagrins

Voici novembre, neuf jours à peine
Elle est si belle, Lili Marlene
Et enfin l'aube sur Berlin

Pierre Bales - Structure : Berlin
http://www.myspace.com/structurefr