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21.05.2008
Du suicide de Ian Curtis (Joy Division)
Il s'agit non pas de vivre autant que l'on peut, mais autant que l'on doit. La courageuse Chantal Sébire nous a donné une grande leçon à ce sujet.
La foi - la vraie, pas celle qui consiste à aller hypocritement à la messe le dimanche pour se donner bonne conscience - renforce en soi la conviction que l'on doit encore, envers et quand même (ma devise personnelle)... Ainsi, la foi ne sert pas à repousser une effrayante échéance fatale ; elle manifeste plutôt ce principe vital qu'est l'instinct de survie. True Faith.
Cette survie, à qui profite-t-elle ? Pas forcément à celui qui en est l'objet (et qui concomitamment en est le sujet). Elle peut être altruiste : survivre parce que l'on doit encore aimer et protéger autrui, quitte à endurer de la souffrance dans son corps et/ou dans son âme.
Parce que cela ne s'incrit pas dans une logique utilitaire, l'inverse est également valable, ce qui signifie que le suicide aussi peut être altruiste, aussi paradoxal que cela puisse sembler. La foi elle-même peut aussi bien déclencher l'instict de survie que le sacrifice, qui est une forme de suicide. Quelle que soit l'option choisie, seule compte la sincérité de ce choix, aussi douloureux soit-il pour autrui.
On mesure là le dilemme dans lequel Ian Curtis, chanteur de Joy Division, était pris - entre son foyer, sa maîtresse et son insupportable traitement contre l'épilepsie. Il l'a résolu à sa manière, dans la nuit du 17 au 18 mai 1980. On peut certes y voir de la lâcheté ; c'est souvent l'opinion des femmes (probablement parce que donnant la vie, les femmes n'ont pas la même forme d'instinct de survie que les hommes). Curtis a mis un terme à sa vie, pensant qu'il avait fait ce qu'il devait. Il a aimé sa vie, il a donc embrassé son destin. The perfect Kiss. Les anciens Romains disaient amor fati.
23:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : joy division, suicide, musique, rock



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